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Comment accompagner notre entrée dans l'ère de la conscience ?

Un article co-écrit par Laurence Baranski et Ivan Maltcheff. Avril 2026

Nous vivons toutes et tous sur la même planète, mais pas dans le même monde ni dans la même réalité. Nos rapports à la vie et à la conscience diffèrent, tout comme nos perceptions et priorités. Cela rend l’accompagnement de nos premiers pas dans l’ère de la conscience à la fois subtil et délicat. 

En tant que coachs, facilitateurs, managers ou dirigeants, comment accompagner cette évolution à laquelle nous, auteurs de cet article et de l’ouvrage « L’ère de la conscience », croyons profondément ? 

1. L’éveil des consciences : mode ou réalité ?

Aucune entreprise n’a échappé au courant appelé culture change ou change management apparu il y a une trentaine d’années. De nombreuses pratiques ont émergé à cette occasion (entreprise apprenante, lean management, intelligence collective…). Certaines se sont installées durablement, d’autres n’ont été que des modes passagères. Dans le même temps, le changement, lui, s’est imposé comme une réalité profonde et durable — une réalité toujours à l’œuvre aujourd’hui, avec notamment l’intégration massive de l’intelligence artificielle dans nos vies et nos organisations.

Un nouveau courant a émergé plus récemment : celui de l’éveil des consciences. S’agit-il d’un phénomène éphémère ou qui n’aura de toute façon aucun impact sur la société et nos entreprises, ou de l’amorce d’une véritable dynamique transformatrice, comme nous en faisons le pari ?

La conscience peut être définie comme la manière dont nous nous représentons, ressentons et expérimentons le monde, la vie et nous-mêmes. Faculté inhérente à l’être humain — au minimum —, son éveil, s’il est réel, ne peut que nous réjouir, tout comme nous ne pouvons que nous féliciter lorsque notre niveau de bienveillance et d’empathie progresse. Depuis plusieurs années, nous explorons cette ouverture possible des consciences, ses manifestations et ses impacts concrets, en ouvrant le débat dans des sphères professionnelles (séminaires) comme publiques (au travers des Rencontres Conscience et Citoyenneté notamment).

Or, dès que nous abordons ce sujet, nous constatons une grande diversité de réception, chacun projetant sa propre définition de la « conscience ». Ce thème, que nous veillons à détacher de toute référence religieuse traditionnelle, reste encore émergent dans le champ collectif. Il ne dispose pas de représentations suffisamment partagées pour devenir un véritable sujet ni un enjeu sociétal. Il demeure individuel, relatif au « monde » de chacun : il est ontologique, au mieux anthropologique, mais ni social, ni encore moins politique. Dans ce contexte, accompagner l’éveil des consciences a-t-il seulement du sens ?

2. Une progression qui reste lente

Des chercheurs comme le neurobiologiste Mario Beauregard ou le physicien Philippe Guillemant, pionniers sur le thème des nouveaux modèles de la conscience, proposent une vision dite « non-locale » de la conscience, à contrepoint de l’idée, longtemps dominante, d’une conscience locale, c’est-à-dire produite par le cerveau. Selon eux, la conscience serait indépendamment du cerveau (qui ne devient qu’une interface), et serait présente avant et après nous. Nous, êtres humains, évoluerions même au sein d’un véritable « océan de conscience ». Dans cette hypothèse non locale, la conscience est partout, à nous de nous y connecter. 

Pourtant, quiconque fréquente les colloques sur ce thème et ses corollaires (comme les expériences de mort imminente, les phénomènes dits paranormaux, la médiumnité…) peut observer que les discours évoluent peu depuis plus de trente ans.

Même lorsque ces prises de parole et témoignages intègrent une dimension plus sensible, vibratoire et expérientielle, les modes de transmission restent ancrés dans un paradigme mental : tout se passe comme s’il s’agissait de démontrer, prouver, expliquer, comme s’il fallait convaincre. Cela conduit à une forme d’immobilisme face à un questionnement pourtant existentiel qui nous concerne tous. Un questionnement que chacun pourrait au moins aborder avec curiosité, tant il touche à notre nature la plus essentielle. Pourtant, ce nouveau paradigme peine à s’imposer auprès du plus grand nombre.

Résultat : ceux qui adhéraient continuent d’adhérer, l’intérêt progresse lentement, mais sans bascule collective. La question de la conscience n’est pas encore perçue comme un marqueur majeur des transformations à venir. 

3. La transformation est vibratoire

Notre constat est simple : parler de notre entrée dans l’ère de la conscience ne peut relever du seul registre mental car la conscience n’est pas mentale. Elle est subtile, faite de fréquences et de connexions, sollicitant nos intuitions et notre sensibilité.

Notre expérience, en tant que coachs et animateurs, comme celle des personnes que nous accompagnons, montre qu’il s’agit avant tout d’un vécu, d’une expérience qui s’inscrit dans notre corps, nos émotions, notre perception du monde, notre relation aux autres et à la Nature. C’est à partir de cette accumulation d’expériences — parfois marquantes (éveil soudain, épreuves), parfois plus discrètes mais tout aussi transformatrices — que se construit un nouveau rapport à soi, aux autres et à la vie.

Progressivement, nos pensées, nos émotions, et même notre « fréquence », changent. Notre regard sur la réalité se décale. Les choses de la vie deviennent peut-être moins rangées, moins ordonnées, moins logiques et objectives en apparence, moins standardisées. Elles sont assurément plus souples et surtout ouvrant de nouvelles voies. Notre rapport au vivant et au sens de la vie évolue. Il est moins centré sur la performance, la compétition ou la productivité, davantage orienté vers la coopération, le partage et des valeurs de cœur comme la gratitude, le respect ou la bienveillance.

Cette évolution intérieure se fait naturellement. Lui résister reviendrait à s’enliser entre deux mondes : d’un côté celui des anciens modèles rigides, validés collectivement, et de l’autre une réalité plus fluide, subjective, ouverte à l’inattendu et à l’expression authentique de soi. Une tension qui ne peut que nous épuiser. 

À l’inverse, entrer dans le mouvement du vivant évolutif en soi nous invite à l’élévation, à la prise de recul, à une forme de reconnexion à notre essentiel, à l’ancrage en nous et à l’alignement intérieur. Ce processus, qui est à la fois émotionnel, intracellulaire et vibratoire est inévitable. Il est une conséquence logique dès lors que nous acceptons l’idée de l’ouverture de notre conscience. Il engage toutes les dimensions de notre être. Nous sommes déjà nombreux à l’expérimenter et à participer ainsi à l’émergence d’une nouvelle manière d’habiter la Terre et de faire société ensemble. 

Mais l’ancien paradigme pourra continuer de nous tirailler. Avancer implique de lâcher et cela peut générer de la peur, de la culpabilité, du doute.

4. La vie est notre enseignante permanente

Sur ce chemin, loin des cadres théoriques et des salles de colloques, certes utiles pour informer, la vie demeure notre plus grande enseignante comme en témoignent deux de nos expériences vécues. 

Lors d’un récent voyage initiatique en Inde, riche d’enseignements et empreint de sérénité, tout a basculé à l’annonce de l’annulation soudaine du vol retour en raison du déclenchement du conflit en Iran. Une peur intense a surgi : celle de ne pas pouvoir rentrer. Angoisse, stress, tensions corporelles ont refait surface, balayant l’état d’élévation précédent. Ce type d’expérience nous ramène à l’essentiel : rien ne se joue uniquement dans le mental. Il a fallu accueillir les émotions, respirer, s’ancrer dans le présent, mobiliser ses ressources, accompagner un groupe en difficulté, structurer dans l’urgence. L’expérience spirituelle s’est prolongée dans l’action concrète.

Comme le suggère le titre du livre d’un moine zen, « Après l’extase, la lessive », la transformation se vit dans le quotidien. Elle implique d’embrasser la dualité : ombre et lumière, confort et inconfort. C’est dans cette tension que se joue l’apprentissage.

5. Développer la sécurité intérieure dans l’insécurité apparente

Une autre expérience éclaire ce chemin d’ouverture de conscience. Nos vies peuvent être perçues comme une succession de cycles, ponctués de passages. Ces dernières années consacrées à l’exploration de la conscience — personnellement et à travers des actions publiques (livres, colloques, séminaires) — ont été riches et profondément nourrissantes. Mais leur ancrage dans le monde économique s’est révélé difficile. Ces sujets, peu rentables, peinent à trouver leur place dans l’espace marchand. Malgré un intérêt croissant du public, peu s’engagent véritablement dans une transformation collective profonde.  À titre personnel, lorsqu’on porte ce sujet, cela se traduit sur le plan socio‑économique par une avancée dans un « désert » avec des opportunités qui, à l’approche, se révèlent être des mirages. Un peu comme si l’ère de la conscience nous attirait, mais comme si nous n’étions pas encore tout à fait prêts à basculer. Cela génère de l’insécurité et des moments d’inquiétude et, en même temps, intérieurement, une foi grandissante en soi et en la vie, comme une forme d’apprentissage de la sécurité intérieure dans l’insécurité extérieure. 

« Vous n’êtes pas prêts vibratoirement », nous rappelaient il y a encore peu de temps certains enseignants spirituels, guides sur le chemin de l’éveil des consciences. Peut‑être le serons‑nous très bientôt ?

 

6. Demain est un autre monde à laisser naître en nous

Les bouleversements intérieurs que nous vivons lorsque notre conscience s’expanse, qu’ils soient physiques, émotionnels, intellectuels ou spirituels, viennent inévitablement percuter nos systèmes de croyances, ces grilles de lecture du monde qui nous permettent de nommer les choses, de leur attribuer une place et une importance, d’interpréter la réalité et de nous situer dans la société, et, in fine, de forger ce que nous pensons être notre identité. Soudain, ces croyances se trouvent remises en question et notre identité se délite, se réorganise, se réinvente.

Cela ne peut pas se produire autrement. C’est un processus plus ou moins joyeux ou douloureux, comparable à un accouchement, à une naissance. Il s’agit d’une opportunité de croître en conscience, pour ensuite, de proche en proche, nourrir une dynamique collective plus subtile.

Ce mouvement ne se mesure pas, il ne se compte pas : il se vit. Il nous dépasse, il relève de l’invisible. On ne le comprend pleinement que lorsqu’on l’a traversé, ressenti, intégré. Vivre cette évolution avec une conscience élargie atténue les souffrances possibles et permet de se projeter plus joyeusement dans une perspective individuelle et collective positive. À l’inverse, lorsqu’on l’ignore ou la subit, surgissent alors la colère, la révolte, la résistance.

 

7. À quoi pouvons‑nous servir ?

Dans ce contexte d’entre-deux mondes, d’entre-deux rapports à la vie, à quoi servons‑nous, nous les coachs, consultants, animateurs, facilitateurs, managers et dirigeants, qui prétendons parfois, dans nos posts, discours et offres commerciales, accompagner le mouvement d’évolution des consciences ?

Pour l’heure, notre conclusion est qu’il demeure essentiel de partager les repères issus de notre cheminement individuel. Ils permettent de se reconnaître, de se soutenir mutuellement et de se sentir moins seuls. D’où l’intérêt de modéliser ces évolutions à travers de nouvelles notions — comme le proposent certains avec « l’entreprise quantique » ou « les niveaux d’intelligence spirituelle », et de contribuer ainsi à la diffusion de ces repères collectifs en pleine émergence.

Plus fondamentalement cependant, comment transmettre le non‑mental par le mental ? Faut‑il le faire ? Est‑ce même possible ? Notre expérience nous enseigne que cela ne peut fonctionner utilement que si nous faisons preuve, individuellement, d’une totale cohérence et authenticité vis‑à‑vis de nous‑mêmes et des autres. Nous devons être en accord avec notre propre parcours et avec la manière dont nous traversons nos propres déstabilisations.

Ayant connu le vide, la perte, l’angoisse, mais aussi la joie et l’ouverture au bonheur, en conscience, nous portons ces vibrations et leur dépassement en nous, et nous les transmettons par résonance. C’est cela, avant tout, que nous partageons : une alchimie intérieure forgée par l’expérience vécue, bien plus que par des représentations abstraites.

Nous ne vivrons jamais à la place d’autrui, mais nous savons où mènent la peur des abîmes, où conduisent les doutes et comment, peu à peu, retrouver pied dans le flou. Par notre présence authentique, plus encore que par nos méthodes ou nos outils, nous aidons à produire du sens, à créer des images et des représentations qui portent une perspective positive et désirable. Tous ces processus sont invisibles à nos yeux physiques et ils échappent à notre mental, mais ils sont bien réels et agissant dans la matière et les relations humaines.

Conclusion

Tous les systèmes actuels sont obsolètes s’ils demeurent uniquement mentaux car l’humanité est engagée dans une transformation sensible profonde. La valeur première de celles et ceux qui se reconnaissent comme facilitateurs de ce processus évolutif vivant ne réside pas dans des modèles ou dans la pensée, mais avant tout dans leur justesse d’être. Partageons nos épreuves et nos joies, sans masque ni habits de l’ancien monde, dans l’humilité et la conscience que notre propre chemin nous questionne en permanence. Il n’y a pas de super‑héros invincibles ni de victimes impuissantes, mais seulement « nous », des humains en quête du juste milieu, au cœur d’une aventure singulière à inventer et à vivre ensemble. Nous voilà ainsi, acteurs du présent et du futur, faisant collectivement nos premiers pas dans l’ère de la conscience.

Cet article est écrit à l’occasion de l’anniversaire de la publication du livre « L’ère de la conscience. 21 repères pour élargir notre conscience en gardant les pieds sur Terre ».

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Entrer dans l’ère de la conscience : le chemin d’une spiritualité citoyenne

 Faire de la conscience un sujet central au moment où il semblerait que le ciel va nous tomber sur la tête semble relever, soit d’une ignorance assez fondamentale sur les bouleversements multiples que nos sociétés traversent actuellement, soit d’un optimisme béat sur les capacités de l’humain. Pourtant, il n’y a rien de plus essentiel que la question de la conscience, justement en ce moment particulier de notre histoire humaine. Il est l’heure d’ouvrir la porte de la prison matérialiste dans laquelle notre conscience est enfermée pour redonner du sens à nos vies, et pour retrouver plus de sagesse et de lucidité dans la conduite des activités humaines sur la Terre. Jusqu’à avancer vers une spiritualité libre et citoyenne.

Regard sur notre monde matérialiste

Jusqu’à présent, les scientifiques modernes ont fait l’hypothèse du matérialisme comme fondement de la vie et de la conscience. Celle-ci serait le fruit de la production de notre cerveau, ou de la co-production de ce dernier avec l’environnement, comme le dirait Edgar Morin, ajoutant à la rationalité la richesse de la complexité.

On dit alors que la conscience est locale, c’est-à-dire localisée dans le cerveau. Une fois ce dernier disparu, la conscience n’existe plus. Ainsi, pour la pensée matérialiste, le sentiment d’exister trouve essentiellement son origine dans des réactions biochimiques et électriques neuronales. Depuis 2 siècles environ, cette conception a été dominante dans la pensée occidentale pour laquelle il y aurait d’un côté le monde réel, scientifique, rationnel, matériel et de l’autre un monde symbolique et spirituel, celui de la foi, des religions et de l’imaginaire des peuples.

Dans cette perspective, le monde matériel et la société doivent être régis selon des principes rationnels, dit scientifiques (sous-entendu s’inscrivant dans les principes de la science matérialiste). Le monde immatériel, quant à lui, relève exclusivement du domaine privé et intime, de manière à ne pas interférer dans la conduite sérieuse du monde.

Tant et si bien que la référence à une transcendance au-delà de la matière, qu’elle soit religieuse ou spirituelle, parait suspecte. L’histoire de la laïcité française place par exemple les institutions publiques sous la protection de la seule Raison. Cette approche empêche de faire de la question de la conscience, de sa nature et de son potentiel d’élargissement, un objet de questionnement public.

Un tel repli exclusif sur la matière, sur l’observable et sur le quantifiable, ne peut que nous conduire au scientisme, c’est-à-dire à la réduction de la science au seul matérialisme, puis à l’économisme qui promeut la quête du bonheur individuel et collectif par l’avoir, et aujourd’hui au transhumanisme et à son corolaire l’immortalité des corps par le mariage de la biologie et de la technologie. Mais où est passé l’âme, ou le Soi, chacun utilisera son vocable préféré, et avec elle ce sentiment intime d’exister, d’être présent à soi, tout en étant connecté à quelque chose de plus vaste ? 

S’il est essentiel de bien garder les pieds sur Terre, le biais cognitif matérialiste qui nous ampute de la partie mystérieuse et sacrée de nous-mêmes et de la vie, mérite d’être requestionné à l’échelle de la société. Il en va de l’avenir et du développement de l’humanité.

Le post-matérialisme comme base de renouvellement du monde

L’affirmation matérialiste selon laquelle notre conscience est une production de notre cerveau n’est qu’un postulat. La science moderne n’a en réalité jamais démontré la validité de cette l’hypothèse.

Depuis quelques décennies, un courant de la science explore une autre hypothèse : celle de la conscience non-locale. Certes, nous avons bien une conscience ordinaire reliée à nos cinq sens ordinaires. Mais nous en avons une autre, ou plus exactement notre conscience est bien plus que cela. Elle se déploie dans des espaces invisibles à nos sens communs et dans des champs d’information immatériels. Elle existait avant notre naissance et existera après notre mort.

Ce courant scientifique, minoritaire mais croissant, est dit « post-matérialiste ». Il soutient l’hypothèse que la conscience n’est pas une production du cerveau. Notre matière cérébrale ne serait en quelque sorte qu’un système de traitement d’informations et ferait le lien entre notre dimension visible, incarnée, et notre dimension invisible, énergétique et peut-être même quantique.

Cette approche a été présentée dans le Manifeste pour une science post-matérialiste (1) élaboré sous l’impulsion du docteur en neurosciences Mario Beauregard, précurseur avant-gardiste de ce courant scientifique. De multiples initiatives en découlent aujourd’hui dont, à titre d’exemple, l’AAPS ou Academy for the Advancement of Postmaterialist Sciences (2).

Une des ruptures fondamentales de cette approche avec la science classique est qu’elle prend en compte le vécu humain, qu’il s’agisse d’expériences de mort imminente, de sorties hors du corps, de contacts avec des défunts, de médiumnité ou de télépathie. S’affranchissant de la seule hypothèse matérialiste, cette science sort des cadres habituels et analyse, selon des protocoles scientifiques rigoureux, ce vécu humain, sensible et subtil, qui a longtemps été considéré comme relevant du parascientifique ou paranormal. Il en émane de nouvelles hypothèses sur ce que pourrait être l’être humain et même notre réalité. Avec cette science, notre regard sur la vie et sur le sens de notre destinée humaine s’élargit. De nouvelles perspectives d’organisation sociale basée sur la coopération au sein du vivant, qu’il soit visible ou invisible à nos sens ordinaires, se dessinent et se mettent au service d’une société plus ouverte, que ce soit en matière d’éducation, de santé, de consommation. Les notions du temps, de l’énergie en nous et autour de nous, et même de l’amour trouvent une nouvelle explication et prennent une tout autre densité.

La conscience, point d’appui d’une spiritualité citoyenne

Si cette nouvelle approche nous invite à faire évoluer nos paradigmes collectifs, elle est aussi la porte ouverte sur une réappropriation par chacun de ce qu’il est en tant qu’être humain. Elle autorise, voire encourage, la notion d’exploration intérieure. Qui sommes-nous vraiment et quel sens voulons-nous donner à notre vie terrestre ? Comment souhaitons-nous faire l’expérience de nous-mêmes et de notre conscience élargie dans cette vie ?

Cette exploration passe autant par l’attention à notre corps et à nos sensations, qu’à nos émotions et intuitions. Elle nous autorise à avancer vers une connaissance plus profonde de notre psyché, redécouvrant en cela le chemin tracé depuis des millénaires par les explorateurs de la conscience de toutes les Traditions de Sagesse du monde. Et parce que c’est la science qui nous ouvre la voie, ce travail en quête de soi, dans toutes nos dimensions, peut commencer à s’inscrire dans le champ de la normalité admise, reconnue et naturelle. Elle esquisse le chemin de ce que nous pourrions appeler une spiritualité citoyenne, accessible à chacun, areligieuse et adogmatique, chacun pouvant parallèlement avancer dans ce cheminement dans le cadre de la religion de son choix, ou pas.

Il existe aujourd’hui une myriade d’initiatives d’ouverture intérieure (méditation, contemplation, hypnose, expansions de conscience guidées, chamanisme et transe...) expérimentées par des citoyens qui découvrent qu’il est possible de s’ouvrir à une vie spirituelle sans nécessairement adhérer aux dogmes de tel ou tel courant religieux.

Ces démarches peuvent amener à des découvertes bouleversantes pour celles et ceux qui les vivent, comme en témoignent par exemple les différents films de la réalisatrice Valérie Seguin tels que « Et si la mort n’était qu’un passage ?» et « L’âme 2 : l’au-delà et l’invisible » (3) ou encore « Témoins, ils sont des millions à l’avoir vécu » de Sonia Barkallah. Ces prises de parole publiques, à travers des films ou des livres, nous permettent de nous requestionner sur ce qu’est la vie et de partager une perspective plus large que celle accessible par notre seule conscience ordinaire et la pensée matérialiste.

Devenir un citoyen conscient

La spiritualité citoyenne est par essence multiple. Elle peut s’ouvrir et se déployer de mille façons différentes. Elle s’inscrit dans notre vie quotidienne. Elle n’est pas une adhésion aveugle aux propos de tel ou tel prophète auto-révélé, ni une fuite dans certaines propositions de ce qu’on a appelé le « New age ». Elle se rapproche du chemin de l’initiation, c’est-à-dire du dévoilement et de la découverte ce que nous portons en nous, ombre et lumière, à travers des expériences parfois heureuses, parfois difficiles, mais toujours riches d’enseignements pour nous-mêmes.

Devenir un citoyen conscient, c’est écouter autant sa voix intérieure que celle des évènements extérieurs, des rencontres, des situations que la vie propose, en gardant son équilibre et son centre. De cette quête d’équilibre entre son intériorité et l’extériorité émerge la découverte constante et progressive de ce qu’est sa nature profonde, ainsi que l’accès à sa propre souveraineté dans ce monde terrestre. Individuellement, nous grandissons à nous-mêmes.  Collectivement nous réorientons notre trajectoire commune vers plus de paix parce que chacun comprendra qu’une partie des réponses à des questions souvent sources de tensions externes se trouvent dans le cheminement intérieur.

Une telle ouverture, initiée par la science et qui rejoint de fait les enseignements spirituels millénaires, permettra d’éclairer notre raison et de modifier en profondeur la conduite de nos vies. Cela trace progressivement la voie vers une civilisation que nous pouvons qualifiée de « Civilisation de l’Être ». Celle-ci émerge et émergera d’un travail d’apprentissages et de pédagogie qui viendra inévitablement bouleverser les croyances et l’édifice intellectuel conventionnel sur lesquels nos sociétés sont bâties.

Entrer dans l’ère de la conscience, c’est faire de l’exploration de la conscience un sujet d’observation scientifique autant que spirituel et expérientiel. Le regard et le passage par l’approche scientifique, repère incontournable pour « raison garder », autorisent la réintroduction de l’univers invisible dans la vie de la Cité.

Auteurs Ivan Maltcheff et Laurence Baranski,  janvier 2026

Laurence Baranski et Ivan Maltcheff sont co-auteurs de « L’ère de la conscience. 21 repères pour élargir notre conscience en gardant les pieds sur Terre », un livre de pédagogie spirituelle conçu comme un parcours d’éveil à soi et au monde qui nous entoure.

Site web : www.eredelaconscience.com

 

  1. https://opensciences.org/

  2. https://www.aapsglobal.com/

  3. https://valerieseguin.com

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